Template
Template Template
Template 09-09-2010 Template

Signez l'Appel

 

PENSEZ A SIGNER L'APPEL

 

Statistiques

Visiteurs: 599600

Compteur

Après  les 987000 signatures contre les franchises

Nous lançons aujourd’hui un questionnaire sur l’accès aux soins,

 afin de mobiliser l’opinion publique, les usagers,

 les politiques, sur l’état de notre système de santé, et l’urgence du combat pour sauver la sécu.

 
Template
Affichage type blog de toutes les sections sans images
Printemps des luttes Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail
Écrit par Bruno-Pascal Chevalier   

L'association Ensemble pour une santé solidaire présente sur le stand de la coordination nationale des hôpitaux de proximité.
Avec des questionnaires pour l'accès aux soins en attendant questionnaire en ligne
répondre en ligne clic sur ce lien : https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpGNmRfamxOOHhYUE1L...TFJOZmIwcGc6MA ou voir rubrique questionnaire sur le site

Printemps des services publics à Paris le 29 mai 2010CONCERTS-EXPOS-DEBATS-ANIMATIONS A Paris, pour la première fois, 50 organisations regroupées dans le Collectif de Défense et de développement des Services Publics de Paris, appellent les Parisiennes et les Parisiens à venir faire la fête et débattre en plein air des services publics le Samedi 29 mai 2010 de 11H30 à 18H30, place de la Bataille de Stalingrad dans le 19ème arrdt (M° Jaurès). A Paris, comme dans l'ensemble des départements et partout en Europe, les services publics sont progressivement détruits alors que la crise les rend chaque jour plus utiles. C’est ce qui motive une mobilisation sans précédent des usagers et des personnels. Pourtant, le gouvernement français n'a de cesse de les réduire, voire de les privatiser. Il critique leur coût, nie leur utilité sociale, le dynamisme économique qu'ils engendrent. Après la privatisation et la réduction du service postal, les hôpitaux de Paris et de l’Assistance Publique seraient trop nombreux et trop accessibles ! Médecins, soignants, personnels, malades manifestent leur refus. Les remboursements de soins et de médicaments sont réduits et c'est l'accès de toutes et tous à des soins de qualité qui est désormais directement menacé. C'est pourquoi nous faisons de ce thème le débat central de notre journée. Le même jour, Auxerre, Lyon, Rouen, Saint-Gaudens, … engageront leurs Etats Généraux des services publics. Nous sommes toutes et tous des usagers des services publics,les services publics nous concernent toutes et tous !

Image

Dernière mise à jour : ( 28-05-2010 )
 
communiqué de pressecontre la répression à l'AP-HP Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail
Écrit par Bruno-Pascal Chevalier   
L'association Ensemble pour une santé solidaire présente sur le stand de la coordination nationale des hôpitaux de proximité.
Avec des questionnaires pour l'accès aux soins en attendant questionnaire en ligne
répondre en ligne clic sur ce lien : https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpGNmRfamxOOHhYUE1L...TFJOZmIwcGc6MA
ou voir rubrique questionnaire sur le site www.ensemblepourunesantesolidaire.fr  rubrique questionnaire Communiqué de presse                                                                      Image Suite aux luttes en mars dernier, contre les restructurations en cours à l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris), la répression frappe les personnels de certains hôpitaux, ceux où la mobilisation a été la plus forte (Emile Roux, René Muret, Charles Foix, Cochin…) :-plaintes généralisées,-convocation des agents pour interrogatoire par les forces de police,-retraits de salaires secs sans aucune négociation ni étalement-sanctions disciplinaires, stoppées suite aux vives protestations des organisations syndicales de l’AP-HP. Le «Collectif national contre les franchises médicales, pour l’accès aux soins partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire » proteste avec indignation contre ces mesures visant à étouffer toute résistance. Il affirme sa totale solidarité avec les personnels, avec ceux qui ont occupé la salle du Conseil d’Administration du siège de l’AP-HP, avec  ceux qui ont retenu directeur et cadres quelques heures dans leur bureau, pour obtenir de véritables négociations.Pour l’AP-HP, qui a  porté plainte le 25 mars ainsi que huit de ses cadres, il s’agit là de séquestrations ! Quant à la DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins), dans un communiqué du 27 mars, elle accuse ces salariés, ces militants de violence intolérable !Mais où est la violence ?  QUI EST VIOLENT ? Ceux qui décident de réduire l’offre publique de soins, qui cassent les hôpitaux et sacrifient les malades sur l’autel de la rentabilité ? Ceux qui imposent aux personnels des conditions de travail impossibles? Ceux qui livrent les services publics de santé aux appétits du privé ?Où bien,  ces personnels qui se battent pour  le droit à la santé et l’accès aux soins pour tous ? Qui refusent que leur mission de service public soit dévoyée ? Le «Collectif national contre les franchises médicales, pour l’accès aux soins partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire » leur apporte son total soutien et soutiendra toutes les résistances à la politique du pouvoir qu’il juge criminelle.              Le 26 mai 2010 Contacts : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir Ensemble pour une santé solidaire est membre Collectif national contre les franchises médicales, pour l’accès aux soins partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire   
Dernière mise à jour : ( 27-05-2010 )
 
Bachelot lance un nouveau site sur la santé Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail
Écrit par Bruno-Pascal Chevalier   

L'association Ensemble pour une santé solidaire présente sur le stand de la coordination nationale des hôpitaux de proximité.
Avec des questionnaires pour l'accès aux soins en attendant questionnaire en ligne
répondre en ligne clic sur ce lien : https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpGNmRfamxOOHhYUE1L...TFJOZmIwcGc6MA ou voir rubrique questionnaire sur le site

{

Image

Bachelot lance un nouveau site sur la santé topactus.com

La ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot, a décidé de créer un site de référence sur la santé. « C’est la capacité des pouvoirs publics à répondre efficacement aux besoins de santé des Français et la survie de notre modèle solidaire d’assurance maladie qui sont en jeu », affirme-t-elle.

Roselyne Bachelot veut répondre aux besoins de santé des Français, tout en améliorant l’efficacité des dépenses de santé pour assurer la pérennité de notre modèle républicain de santé. Ainsi, quelques semaines après le lancement des Agences Régionales de Santé (ARS), elle a décidé de créer un site internet de référence sur la santé. Il pourrait regrouper Doctissimo, le service «Priorité santé» de la Mutualité française et le portail de l’Assurance-maladie.Explorer la mise en place d’un service public de conseil médical et d’orientation médicale par téléphone et par Internet permettrait de relever le défi de l’inégalité d’information en matière d’accès aux soins en France, d’où le lancement imminent d’un site internet de référence en matière de santé. 

 

Dernière mise à jour : ( 25-05-2010 )
 
PRINTEMPS DES LUTTES Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail
Écrit par Bruno-Pascal Chevalier   

L'association Ensemble pour une santé solidaire présente sur le stand de la coordination nationale des hôpitaux de proximité.
Avec des questionnaires pour l'accès aux soins en attendant questionnaire en ligne
répondre en ligne clic sur ce lien : https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpGNmRfamxOOHhYUE1L...TFJOZmIwcGc6MA ou voir rubrique questionnaire sur le site

Image

Dernière mise à jour : ( 22-05-2010 )
 
si tu est malade et fauché prends un crédit . T'est coupable d'être malade alors paie !!! Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail
Écrit par Bruno-Pascal Chevalier   

Image

Mouvement « ensemble pour une santé solidaire »
Communiqué


Un nouveau prêt à taux zéro, baptisé "micro-prêt-santé à 0 %", a été lancé lundi par la banque du Crédit municipal de Paris (CMP) pour aider les personnes en difficulté à faire face à leurs dépenses de santé.
Alors comme ça, ça y est ?
« Chacun cotise selon ses moyens et est soigné en fonction de ses besoins »… c’est fini ?
Depuis le temps qu’ils nous le serinent, le Président et ses amis, que la santé, c’est comme le téléphone portable, une marchandise comme une autre, fallait-il attendre de voir cela pour y croire ?
Messieurs et mesdames les responsables politiques, merci de prêter un verre d’eau à ceux qui ont soif. Mais nous attendons plus de vous.
Nous attendons de vous que vous défendiez notre droit à la santé avec plus de vigueur. Que vous dénonciez inlassablement la politique du gouvernement UMP qui défait méthodiquement le pacte de 45 et détricote violemment la sécu, l’hôpital public, la médecine scolaire, la médecine du travail, le planning familial… tout ce qui permet l’accès aux soins pour tous.
Aujourd’hui, la santé à crédit est une rustine dérisoire pour colmater notre système de santé que la droite attaque au bulldozer.
Une rustine née sans doute de bonnes intentions. Mais qui entérine l’idéologie ultra libérale qui considère la santé comme un marché, et un marché juteux, car des malades, quand ça peut payer, ça paie. Avec pour seule limite la faillite personnelle. Comme aux USA, où, toutes les 6 minutes, une famille se retrouve en faillite personnelle par incapacité de rembourser ses frais de santé.
C’est un projet de société. Une société barbare.
Va-t-on demain remplacer aux frontons des mairies notre devise « liberté, égalité, fraternité » par celle de l’UMP et du MEDEF : « paie ou crève »
La sécu agonise. Vive la santé à crédit !

Pour le Mouvement Ensemble pour une Santé Solidaire
http://ensemblepourunesantesolidaire.fr/
Rappel : Nous lançons aujourd’hui un questionnaire sur l’accès aux soins, afin de mobiliser l’opinion publique, les usagers, les politiques, sur l’état de notre système de santé, et l’urgence du combat pour sauver la sécu. 

répondre en ligne  clic sur ce lien :  https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpGNmRfamxOOHhYUE1LTFJOZmIwcGc6MA  ou voir rubrique questionnaire sur le site
 
QUAND LA SANTE DEVIENT UN LUXE Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail
Écrit par Bruno-Pascal Chevalier   
Rappel : Nous lançons aujourd’hui un questionnaire sur l’accès aux soins, afin de mobiliser l’opinion publique, les usagers, les politiques, sur l’état de notre système de santé, et l’urgence du combat pour sauver la sécu.

Pour télécharger le questionnaire : il suffit de cliquer sur chaque photo (clic droit) et d'enregistrer les photos sur votre PC.
ou répondre en ligne  clic sur ce lien :

ou répondre en ligne  clic sur ce lien :  https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpGNmRfamxOOHhYUE1LTFJOZmIwcGc6MA

Image

Quand la santé devient un luxe article Nouvel OBS :http://hebdo.nouvelobs.com

Même dans les classes moyennes, on hésite à voir le dentiste, à porter des lunettes ou à consulter un spécialiste. La Sécu rembourse à peine plus de la moitié des soins de ville. Une vraie galère pour les 4,5 millions de personnes sans mutuelle

    Deux petites, 9 ans et 6 ans, avec un problème de strabisme. Il fallait renouveler les lunettes. L'ophtalmologiste avait bien dit : « Attention, leurs yeux font trop d'efforts. Ca leur fait mal. » A 80 euros la paire de verres même à moitié remboursée, Dalila a eu peur de ne pas y arriver. Alors, la mère a demandé à sa généraliste : « Par laquelle je dois commencer ? Celle qui est en CE2 ? Ou celle qui est en CP ?» Elle a trois filles et son mari est aux Assedic. Dans la famille de Dalila, 44 ans, mère au foyer, personne n'est couvert par une mutuelle de santé. Trop pauvres pour s'offrir une complémentaire, pas assez pour avoir droit aux soins gratuits de la CMU Ils sont 4,5 millions dans ce cas. Au fur et à mesure des progrès de la médecine, le coût des soins explose mais la Sécu, toujours soucieuse de combler son déficit, rembourse de moins en moins. Le poids des dépenses de santé dans le budget des familles a augmenté de 50% en huit ans selon le cabinet privé Jalma. Alors quand les budgets sont serrés, la couverture complémentaire absente ou faible, on s'inquiète. Comme pour le logement ou l'emploi. Et l'on renonce à se soigner. Y compris dans les classes moyennes.


«Médecine à deux vitesses», dénonce le docteur Mady Denantes. Les patients démunis se bousculent dans sa salle d'attente, avec vue sur une rue tranquille du 20e arrondissement, à Paris. Le docteur Denantes a appris à deviner : un visage qui se ferme à l'idée de faire une radio, un regard vague quand elle prescrit des analyses, c'est un signe. Mme T., femme de ménage, refusait toute investigation sur son état. Mais elle souffrait tellement des jambes que certains jours elle ne pouvait plus travailler. «Je lui ai organisé une série de rendez-vous gratuits chez les confrères. » Un coup de baguette magique. Soudain, Mme T. a tout accepté : les radios, les prélèvements sanguins, les visites chez les spécialistes, les examens. Finalement elle a pu être opérée à l'hôpital. D'abord sans sortir un sou. Notre bonne vieille Sécu prend toujours en charge les interventions dans le service public. Mais une fois délivrée de ses douleurs, Mme T. a tout de même reçu une addition salée. Près de 300 euros pour son long séjour postopératoire. Et pas de mutuelle pour rembourser. Passé à 18 euros, le forfait hospitalier a provoqué à nouveau la colère des associations. Cinq d'entre elles ont saisi le Conseil d'Etat.

 Des malades chroniques défilaient fin mars au Trocadéro aux côtés des handicapés. Dénonçant les difficultés générées par une allocation adulte handicapé juste au-dessus du seuil des soins gratuits (621 euros).

Image
«Je refuse régulièrement de me faire hospitaliser, cela me reviendrait trop cher», tonne Bruno Pascal-Chevalier. Ce travailleur social de l'Essonne au visage émacié est atteint du sida et ne cotise à aucune mutuelle. C'est un malade militant, révolté et fatigué. Il y a deux ans, il a fait la grève des soins. Entre son appareil auditif, ses prothèses dentaires, ses lunettes, les aides à domicile, et les franchises, il a eu, dit-il, 7 000 euros de soins à sa charge en un an. C'est son employeur, un centre social communal qui l'a aidé. «Pour toutes les maladies graves, prises en charge à 100%, il y a toujours des rallonges», dit-il. Pierre, lui, a été opéré d'une tumeur de l'intestin. «L'hôpital m'a fait acheter un coussin high-tech pour supporter la douleur. Résultat : près de 200 euros à mes frais. » Appareillages, compléments alimentaires, soins de confort : pour un cancéreux l'addition était de 817 euros en un an, selon le calcul de la Ligue contre le Cancer en 2008

« Des glaçons sur mes dents »
Du coup ce qui n'est pas vital passe à l'as. «La nuit, quand mes caries me lancent, je mets des glaçons sur mes dents. C'est assez efficace », raconte Yannick, 37 ans. Il est docteur en biologie, intello précaire. Ce Parisien alterne les contrats dans les laboratoires de recherche et les Assedic. Son cholestérol découvert à l'armée ? « Pour le moment, je n'ai pas de quoi payer les bilans lipidiques, les consultations », dit avec un brin de fatalisme ce jeune père tout en rondeur. Partisan contraint de la décroissance, il dit s'amuser à faire les poubelles du 16e arrondissement pour s'habiller ou s'équiper en informatique. Il est à 7,60 euros près. C'est le montant actuel de la part non remboursée d'une visite à 22 euros chez le généraliste. Les analyses, n'en parlons pas.

Françoise, elle, a perdu la gratuité des soins quand elle s'est sortie du RMI en décrochant un poste de directrice dans un centre aéré. Le loyer de son microscopique appart parisien et les traites de vieux crédits, souvenirs de sa période de dèche, passent avant sa santé. Pas de mutuelle. Cinquante-trois ans, un jean décontracté et une dégaine juvénile, elle n'a pourtant pas échappé à la presbytie avec l'âge. Elle a opté pour les verres-loupes trouvés en pharmacie. Formellement déconseillés par les ophtalmologistes mais au moins elle peut lire. «J'ai aussi des nodules à surveiller sur ma thyroïde, des radios du poignet à effectuer, mais ça, on verra plus tard... »


D'autres ont trouvé le truc. Ils vont aux urgences. On y est bien reçu et on n'avance pas l'argent. A celles de l'Hôtel-Dieu à Paris, on a remarqué un afflux de précaires. Tous les urgentistes de France connaissent bien ces patients. Ils alimentent le débat sur l'encombrement de ces services. Dans une ambiance survoltée, ils attendent gentiment que les médecins en aient fini avec les crises cardiaques et les tentatives de suicide. Eux, viennent faire soigner des douleurs dorsales ou musculaires, des rhinopharyngites, des maux d'estomac. «Désormais nous voyons arriver des gens des classes moyennes », explique de son côté le docteur Jacques Lebas, responsable à l'hôpital Saint-Antoine à Paris d'une Pass (permanence d'accès aux soins de santé). Dans ces consultations gratuites pour les pauvres, on soigne d'abord, on fait la paperasse ensuite, ici avec l'assistante sociale, Gaëlle Aubry : «Récem ment, j'ai vu un étudiant salarié d'une librairie, une veuve retraitée d'un emploi de bureau, des intermittents du spectacle. Tous sans mutuelle et avec peu de ressources. Venus ici, dans notre consultation qui initialement draine les sans-papiers, les marginaux, envoyés par les services sociaux», explique-t-elle.

Accusés, les honoraires libres
Quand on est fauché, on va aussi aux consultations de l'hôpital public. Tout le monde a accès aux meilleurs praticiens et on finance juste les 30% du ticket modérateur. Prix à payer : l'attente. Pour y rencontrer un spécialiste, il faut patienter en moyenne 57 jours, presque deux mois d'après une enquête publiée en février par « 60 Millions de consommateurs ». Cinquante jours de délai en gastro-entérologie, trente-deux en cancérologie, et en neurologie, c'est carrément deux mois et demi. Actuellement, pour décrocher un rendez-vous en ophtalmologie à la Salpêtrière, il faut poireauter huit mois. Avec de tels délais, mieux vaut n'être ni trop malade ni trop inquiet.
«J'ai décidé de ne plus retourner chez le rhumatologue quand il m'a tendu la feuille de soins, 50 euros ! », raconte Françoise, l'animatrice tombée par hasard sur un médecin en « honoraires libres ». Plus rapide, mais souvent plus onéreuse, le coût de la médecine de ville commence à tracasser même les classes moyennes moins défavorisées. Accusés : les honoraires libres pratiqués par les médecins qui ne sont pas « conventionnés secteur 1 ». « 900 euros de dépassement d'honoraires pour opérer mon cancer de la prostate. Je ne m'y attendais pas », raconte Daniel, un ancien prof retraité en Isère. Pas de chance : la MGEN, mutuelle de l'Education nationale, ne paie pas les dépassements en chirurgie. «Mon médecin traitant m'avait envoyé dans cette clinique, sans me prévenir. On ne m'y reprendra plus. Mais je voulais passer sur le billard le plus vite possible. Je n'ai pas discuté. » Cette chargée de communication parisienne de la rive gauche n'en revient pas : « Un psychiatre parisien prenait 1 50 euros pour renouveler l'ordonnance d'antidépresseurs de notre ado par ailleurs suivie par une psychologue, presque quatre fois le tarif de base à 41 euros. » Les tarifs de chaque professionnel de santé sont dûment affichés sur le site ameli.fr, mais qui le sait ? 46% des médecins spécialistes libéraux fixent ainsi eux-mêmes leur tarif. Et tous n'appliquent pas la consigne du Code de la Santé publique : « tact et mesure ». Le montant total des dépassements a doublé en vingt ans. Justifiés, selon les praticiens, par le refus légitime de faire de la médecine à l'abattage. Mais grandement facilités par la pénurie dans beaucoup de spécialités. Dans les grandes villes, c'est souvent la croix et la bannière pour trouver un ophtalmologiste ou un gynécologue au tarif Sécu. Du coup, même les heureux cotisants à une complémentaire se posent des questions : cette année, les cotisations des complémentaires santé vont augmenter de 5% en moyenne. Pour certains, ce sera de 15% à 20%. Jean-Pierre Davant, le président de la Mutualité française, estime que c'est toute l'architecture du système qui cloche. « Il serait temps de repenser le mode de rémunération des médecins, et d'une manière générale toute l'organisation des soins. Au bout de soixante ans, elle n'est plus adaptée. »

Jacqueline de LinaresReste à charge : 45% pour l'assuréC'est la technique du salami», dénonce Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé à Sciences-Po. On grignote la Sécu en douceur. Tranche par tranche. Pour les soins de ville de tout un chacun, la note que le malade doit payer de sa poche, le « reste à charge », s'est singulièrement alourdie ces dernières années. Visites chez le médecin, dents, lunettes, analyses, radios... la Sécu ne les rembourse plus en moyenne qu'à 55%, a calculé Didier Tabuteau. «60%», corrige le directeur de la Cnam, Frédéric Van Roeke ghem. Beaucoup moins en tout cas que les 80% de la période faste des années 1980. La Sécu n'est donc plus ce qu'elle était, même si, pour les maladies graves ou la chirurgie à l'hôpital public, la formidable solidarité à la française fonctionne toujours ! 60% des remboursements vont à la minorité des 13% d'assurés atteints de pathologies graves. Le cancéreux ne paie pas sa chimiothérapie, ni l'opéré son intervention : « Sur le billard, le PDG et la femme de ménage sont soignés avec la même qualité », admet Didier Tabuteau.
Il n'empêche. Laisser 45% des soins de ville à la charge de l'assuré ou de sa mutuelle, c'est un changement de philosophie par rapport aux grands principes de 1945, selon M. Tabuteau : « On sort de la solidarité pour entrer dans une logique d'assurance.
C'est la privatisation partielle de l'assurance maladie.»

Jacqueline de Linares 

Dernière mise à jour : ( 21-05-2010 )
 
<< Début < Précédente 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivante > Fin >>

Résultats 19 - 24 sur 390
Template
Template Template Template
Template Template